90 %
des soins rembourses pour tous
-11 %
de generalistes depuis 2010
20,9 M
passages aux urgences par an
+14,4 Md€
cout net supplementaire a plein regime
En bref - Section 7
  • Mesure phare : Sécu à 90 % pour tous, sur le modèle alsacien-mosellan. Cotisation salariale +1,5 %. Le trou résiduel est assumé comme déficit de la Sécurité sociale, pas transféré sur les ménages.
  • Déserts médicaux : prime d'installation 50 000 € sur 5 ans, recrutement massif d'IPA avec prescription élargie, une CPTS par bassin de vie avec moyens dédiés.
  • Formation : tronc commun santé 2 ans, spécialisation en 3e année. Internat MG ramené à 2 ans avec maquette révisée. Internats mieux payés (+30 %). Médecine du travail : 800 formés/an pendant 10 ans.
  • ETP : programme de santé publique, distinct de la formation des soignants. 9 631 postes dédiés. Coût : 0,63 Md€/an.
  • Hôpital : gouvernance médicale. Les médecins dirigent leur hôpital. Suppression de la direction administrative séparée. Interopérabilité numérique pour tous les praticiens, libéraux et hospitaliers.
  • Soins palliatifs : unités dans chaque hôpital suffisant. Spécialité "médecine palliative" déployée à tous les acteurs de santé. Suicide assisté autorisé avec procédure de confirmation stricte.
  • Aidants : SMIC à 100 % pendant l'aidance, droits retraite ouverts, relève garantie.
  • Handicap : prothèses mieux remboursées, accès spécialisé sans délai, soutien psychologique pour le patient et l'aidant.
  • Médicaments : relocalisation de la production en Europe, fin de la dépendance aux pays tiers pour les molécules essentielles.
  • Bilan net : coût dominant +14,4 Md€/an à plein régime. Économies admin : 0,32 Md€/an. Financement : Sécu assume son déficit.

7. Santé et hôpital : refonte complète

Mesure phare

La Sécu à 90 % pour tous

L'Assurance maladie rembourse 90 % des soins pour tous les assurés, sur le modèle du régime local alsacien-mosellan qui existe depuis 1946 et fonctionne. Financé par une cotisation salariale de +1,5 % sur la masse salariale nationale. Le trou résiduel est assumé comme déficit de la Sécurité sociale : on ne fait pas de sous sur les gens.

Principe directeur : le déficit de la Sécu n'est pas le problème

La Sécurité sociale n'a pas vocation à être excédentaire coûte que coûte. Elle existe pour couvrir des besoins de santé. Ce programme assume qu'un déficit plus élevé est un choix acceptable s'il finance des besoins réels. Il refuse toute mesure qui ferait porter l'ajustement sur les patients : franchises, déremboursements, ticket modérateur renforcé. Si un soin coûte plus cher, ce coût est porté par la Sécu, pas transféré vers les ménages.

Ce principe interdit explicitement : qu'un médecin arbitre un soin en fonction de son coût pour la Sécu ; qu'un arrêt de travail soit refusé pour des raisons comptables ; tout désengagement de l'Assurance maladie compensé par une hausse des cotisations mutuelle, sous quelque forme que ce soit.

Sécu à 90 % : chiffrage

  • Modèle : régime local Alsace-Moselle, existant, qui rembourse 90 % au lieu de 70 %. Environ 2,2 millions d'assurés y adhèrent. Le taux de recours est identique aux autres régions. Le modèle est validé empiriquement depuis 80 ans.
  • Financement : cotisation salariale supplémentaire de 1,5 % sur la masse salariale nationale (~900 Md€). Recette : +13,5 Md€/an.
  • Surcoût de remboursement estimé : +30 Md€/an (extension du taux à l'ensemble des assurés).
  • Déficit résiduel : 16,5 Md€/an, assumé par la Sécurité sociale.
  • Effet indirect pour les ménages : la quasi-disparition de l'utilité des mutuelles santé complémentaires représente une économie de l'ordre de 24 Md€/an sur les primes payées par les ménages et les employeurs. Le gain net pour les ménages est positif, même en incluant la hausse de cotisation salariale.
  • Source : DREES dépenses de santé 2024, régime local Alsace-Moselle CRAV.
Point de faisabilité

Le régime alsacien-mosellan coexiste avec le régime général depuis des décennies sans dysfonctionnement comptable. Son extension nationale est administrativement faisable. La principale difficulté est politique : elle touche directement le marché des complémentaires santé (environ 400 mutuelles et assureurs). Ce programme l'assume.

Données clés du système de santé français

Sélectionnez un indicateur pour visualiser l'évolution

Sources : DREES SAE, Cour des comptes mai 2024, Assurance Maladie, LFSS 2024.

Passages aux urgences 1996-2023 DREES SAE
Passages aux urgences France 1996-2023 Évolution du nombre de passages aux urgences en France de 1996 à 2023 en millions. Source : DREES SAE - Liberté 27 section 07 - liberte27.fr Passages aux urgences - France 1996-2023 (millions) 0 5 M 10 M 15 M 20 M 25 M 20,9 M 22 M Pic 2019 Covid 18,1 M 10,1 M +3,3%/an tendance 1996-2019 1996 2001 2008 2013 2017 2019 2020 2023 Passages urgences Pic 2019 Chute Covid 2020 Liberté 27 : +3 000 médecins/an + 5 000 soignants pour absorber la croissance des passages Source : DREES SAE 1996-2023, Études et Résultats n°1320 (déc. 2024) - Liberté 27 section 07 - liberte27.fr

Déserts médicaux : prime d'installation et IPA

30 % de la population vit dans un désert médical (Académie de médecine, 2023). 87 % du territoire est considéré en tension. 6,7 millions de Français n'ont pas de médecin traitant (2024).

  • Prime d'installation : 50 000 € pour tout médecin s'installant en zone sous-dotée pour 5 ans minimum. Versée en 3 tranches : 10 000 € à l'installation, 20 000 € à 3 ans, 20 000 € à 5 ans.
  • IPA : recrutement massif d'infirmiers en pratique avancée. En zone sous-dotée, droit de prescription élargi permettant de couvrir les actes de premier recours sans consultation médicale préalable.
  • CPTS : une Communauté Professionnelle Territoriale de Santé par bassin de vie, avec moyens humains et financiers dédiés. Pas un dispositif volontaire et sous-doté comme aujourd'hui.
  • Coût estimé : 30 M€/an pour les primes (600 installations/an) + masse salariale IPA supplémentaires (~3 000 ETP). Source : cartographie zones sous-dotées, DREES 2024.
Deserts medicaux 2012-2022 DREES 2025, Cour des comptes
Déserts médicaux - Généralistes libéraux France 2012-2022 Évolution du nombre de généralistes libéraux en France de 2012 à 2022 et indicateurs de désertification médicale. Source : DREES démographie professionnels santé 2025, Cour des comptes mai 2024 - Liberté 27 section 07 - liberte27.fr Déserts médicaux - Généralistes libéraux 2012-2022 -11% en 10 ans / 30% de la population en zone sous-dotée 50 k 54 k 58 k 62 k 66 k 2012 2013 2015 2017 2019 2020 2022 2025 64 k 57 k -11% en 10 ans 75 k 2032 objectif Indicateurs de désertification 30% de la population en désert médical 87% du territoire considéré en tension 30,7% des généralistes actifs ont plus de 60 ans -13% de consultations/habitant depuis 2015 Liberté 27 : +3 000 médecins/an par obligation IPA en zones sous-dotées + rémunération installation +15% Source : DREES démographie professionnels santé 2025, Cour des comptes mai 2024, AMF/Mutualité française 2023 - Liberté 27 section 07 - liberte27.fr

Fin du service sanitaire obligatoire

Le service sanitaire de 2 ans est supprimé. Il ne résout pas structurellement le problème des déserts et crée une distorsion dans les parcours de formation. Il est remplacé par la prime d'installation ci-dessus, qui cible l'installation durable plutôt que le passage obligatoire.

Comparatif international : déserts médicaux et couverture santé

Pays Taux remboursement moyen Densité MG (pour 100 k hab.) Accès garanti sans reste à charge ? Délai moyen MG (jours)
France (actuel) 70 % (régime général) 88 (2024) Non (franchises) 12
France (Liberté 27) 90 % cible 100 Oui cible <5
Allemagne ~95 % (GKV) 108 Oui 4
Pays-Bas ~100 % soins essentiels 104 Oui (sauf franchises mineures) 2
Royaume-Uni (NHS) 100 % (gratuit point accès) 72 Oui (mais délais longs) ~14
Belgique 75 % à 100 % selon acte 112 Partiellement 3
Suède ~95 % 106 Oui (plafond annuel) 7

Sources : OCDE Health at a Glance 2023, DREES 2024, WHO European Health Report 2023. Délais MG : IPSOS / Assurance Maladie comparatifs 2022.

Gouvernance hospitalière : les médecins dirigent

La double gouvernance actuelle (directeur administratif vs président de CME) est supprimée. Un hôpital est un établissement de soins, pas une administration. Les médecins dirigent leur hôpital. La CME devient l'organe décisionnaire, assistée d'une direction administrative qui rend compte aux médecins, et non l'inverse.

  • Le président de la Commission Médicale d'Établissement (CME) devient le directeur de l'établissement. Il est élu par ses pairs pour un mandat de 4 ans renouvelable une fois.
  • Une direction administrative de gestion (RH, logistique, finances) rend compte à la CME. Elle n'a pas de pouvoir décisionnel sur les choix médicaux ou organisationnels.
  • Suppression des strates de contrôle ARS sur la gouvernance interne des établissements. Les ARS gardent leur rôle de cap de santé publique et de répartition territoriale.
  • 1 cadre de santé par service. Pas de mutualisation entre services.
  • En service hospitalier : 1 médecin ou 1 IPA = 1 secrétaire médical dédié. Le médecin sélectionne son secrétaire. C'est la règle, pas l'exception.
Point de tension

Le passage à une gouvernance médicale pure suppose que les médecins-directeurs acquièrent des compétences de gestion d'établissement. Un programme de formation dédié est nécessaire. Sans cela, le risque est de remplacer un problème de gouvernance par un autre. Ce volet formation managériale des médecins-directeurs n'est pas chiffré ici.

Surcouches administratives : chiffrage

  • Base : +10 000 postes administratifs créés dans les hôpitaux publics entre 2018 et 2021 (Cour des comptes, seule donnée officielle disponible).
  • Coût moyen chargé par poste (FPH, catégorie admin) : environ 54 000 €/an charges comprises.
  • Suppression de 60 % de ces postes (6 000), le reste absorbé par simplification et outils numériques : économie estimée à 0,32 Md€/an.
  • Cette économie ne couvre pas la gouvernance ARS plus large, non chiffrée faute de données fiables.

Interopérabilité numérique

Fin des silos logiciels propriétaires incompatibles. Déploiement d'une plateforme d'interopérabilité permettant le transfert des dossiers médicaux entre tous les établissements et tous les praticiens libéraux, sans ressaisie. Chaque acteur conserve son logiciel métier : c'est la couche d'échange qui est standardisée, pas l'outil de travail quotidien.

  • Médecins et IPA : accès complet au dossier patient partagé.
  • Autres professionnels de santé (infirmiers, kinés, pharmaciens, orthophonistes, sages-femmes) : accès à des versions dédiées à leur métier, avec les informations pertinentes pour leur exercice.
  • Standard retenu : HL7 FHIR (norme internationale d'interopérabilité en santé), déjà adopté par l'Espace Numérique de Santé (ENS). La plateforme s'appuie sur Mon Espace Santé, à consolider et rendre obligatoire plutôt qu'à reconstruire à zéro.
  • Cybersécurité : standards ANSSI niveau HDS renforcé. Maintenance sécurité 24h/24. Correction des failles sous 48h maximum.
Leçon du Ségur numérique

Le programme Ségur numérique (2021-2026, environ 2 Md€ engagés) a avancé sur la dématérialisation des échanges mais a montré les limites d'une approche incitative sans obligation d'interopérabilité. La plateforme proposée ici est obligatoire pour tous les professionnels de santé recevant des remboursements de l'Assurance maladie. Pas de remboursement possible sans connexion à la plateforme au-delà d'une période de transition de 3 ans.

Études de santé : tronc commun et réforme des filières

Durée actuelle vs proposée des études de santé (années après bac)
Médecin généraliste (actuel)
9 ans
Médecin généraliste (L27)
6 ans (2 TC + 2 spé + 2 internat)
Médecin spécialiste (actuel)
11-12 ans
Médecin spécialiste (L27)
8-9 ans (2 TC + 2 spé + 1 an compl. + 3 internat)
Infirmier (actuel)
3 ans
Infirmier (L27)
2 TC + 1 spé = 3 ans
Orthophoniste (actuel)
5 ans (cursus dédié CFUO)
Orthophoniste (L27)
4 ans (2 TC + 2 spé)
MKDE (actuel)
4 ans
MKDE (L27)
3 ans (2 TC + 1 spé)

Le tronc commun 2 ans remplace la PASS/L.AS actuelle et s'ouvre à toutes les filières de santé. La spécialisation en 3e année oriente vers la filière choisie. La réforme du numerus apertus (loi Neuder, juin 2025) donne aux facultés la liberté de fixer leurs capacités d'accueil : le levier de formation existe, les moyens pour le financer restent à confirmer.

Numerus apertus et flux de médecins : conséquence directe

La suppression du numerus apertus (loi Neuder, juin 2025) lève le principal verrou quantitatif sur le nombre d'étudiants en médecine. Les facultés fixent désormais librement leurs capacités d'accueil. Conséquence mécanique : le nombre d'étudiants arrivant en fin d'externat (bac+6, entrée en internat) va progresser dans les années 2028-2032.

  • Ce flux croissant de futurs internes est une opportunité : il permet d'augmenter le nombre de postes ouverts dans des spécialités aujourd'hui sous-dotées (médecine générale, médecine du travail, psychiatrie, gériatrie, médecine palliative) sans sacrifier les autres.
  • Condition nécessaire : que les spécialités sous-dotées deviennent attractives avant que ces cohortes arrivent en choix d'internat. Sans levier d'attractivité, le surplus de médecins formés choisira les mêmes spécialités qu'aujourd'hui (dermatologie, radiologie, ophtalmologie).

Stages obligatoires pendant l'externat : rendre attractives les spécialités désertées

L'attractivité d'une spécialité se construit pendant l'externat, pas au moment du choix d'internat. Un étudiant qui n'a jamais mis les pieds en médecine du travail, en gériatrie ou en médecine palliative ne choisira pas ces filières, quels que soient les arguments financiers présentés après coup.

Décision retenue : stages obligatoires en externat dans les spécialités en déficit chronique d'attractivité.

  • Gériatrie : 1 stage obligatoire en 2e cycle (4e ou 5e année). La France vieillit : 20 % de la population aura plus de 65 ans en 2030. 900 postes de gériatres sont vacants aujourd'hui.
  • Médecine du travail : 1 stage obligatoire en 2e cycle. Impossible de reconstruire une filière de 8 000 médecins sans que les étudiants la découvrent d'abord.
  • Médecine palliative : 1 stage obligatoire en 2e cycle, cohérent avec la création de la spécialité et l'objectif de 400 USP.
  • Psychiatrie : déjà présente dans l'externat dans certaines facultés, à rendre universellement obligatoire. 1 500 postes de psychiatres vacants en 2024 (CNG).
  • Médecine générale ambulatoire : stage obligatoire chez un MSU (maître de stage universitaire) en 4e ou 5e année. Actuellement facultatif dans plusieurs facultés. Sans ce stage, les étudiants n'ont aucune représentation réelle de ce qu'est l'exercice libéral de ville.
Faisabilité : le goulot des maîtres de stage

Rendre ces stages obligatoires suppose de disposer de suffisamment de maîtres de stage agréés dans chaque spécialité et chaque territoire. En médecine générale, le nombre de MSU est passé de 7 000 en 2010 à environ 14 000 en 2024 : le développement est possible mais demande du temps et des incitations (rémunération du MSU, allègement administratif). Pour la médecine du travail et la gériatrie, le nombre de praticiens en exercice est le premier goulot à lever. Ces stages obligatoires ne peuvent être généralisés que progressivement, au rythme de l'augmentation des effectifs dans ces filières.

Internat de médecine générale : maquette révisée

L'internat MG est ramené à 2 ans. La maquette est entièrement revue.

Année 1
2 stages de 6 mois en médecine générale. Ambulatoire, chez des maîtres de stage universitaires (MSU). Premier stage de découverte, second stage d'exercice semi-autonome supervisé. Mise en situation réelle de la pratique quotidienne d'un généraliste.
Année 2
7 stages de 3 mois obligatoires : gynécologie-obstétrique, pédiatrie, gériatrie, imagerie et échographie, psychiatrie, cardiologie/nephrologie, endocrinologie. + 1 stage de 3 mois au choix libre. Durées réduites à 3 mois car l'objectif est la compétence de premier recours et d'orientation, pas la spécialité.
Optionnel
Année complémentaire volontaire : DESC (Diplôme d'Études Spécialisées Complémentaires) de médecine générale spécialisée. Ouvre sur des compétences approfondies (médecine du sport, médecine de la douleur, soins palliatifs, addictologie, médecine tropicale, etc.). Pas obligatoire pour exercer en MG.
Risque réel à ne pas escamoter

Compresser la durée de l'internat MG de 4 à 2 ans représente un raccourcissement de 50 %. L'argument avancé est documenté : une partie de la durée actuelle de l'internat sert à maintenir une main-d'oeuvre sous-payée (environ 3 fois moins qu'un médecin titulaire pour des obligations de service comparables), pas uniquement à former mieux. Mais ce choix comporte un risque réel sur la qualité de la formation initiale, notamment pour la gestion des situations complexes et des pathologies rares en ambulatoire. Ce risque est assumé et signalé explicitement. La maquette révisée tente de compenser par une meilleure ciblage des stages, pas par une simple troncature.

Rémunération des soignants

  • Stages payés au SMIC dès la 2e année de tronc commun.
  • Interne : +30 % sur la grille actuelle (actuellement 1 600 à 2 150 €/mois net selon l'année, hors gardes).
  • Praticien hospitalier (PH) : +10 % sur la grille actuelle (de l'ordre de 5 000 à 11 000 €/mois brut selon échelon post-Ségur).
  • Tous les personnels FPH hors médical : +10 %. Coût : environ 6,4 Md€/an (base : 1,116 million EQTP, salaire net moyen ~2 593 €/mois hors médical, coût complet employeur). Source : INSEE-Drees 2024.
  • Professionnels de santé libéraux : +10 % sur les tarifs de consultation. Coût : 5,5 à 6 Md€/an. Valeur retenue : 5,8 Md€/an. Base : part honoraires dans l'ONDAM soins de ville (estimation 55-60 Md€/an sur 111,6 Md€ ONDAM ville 2025).
  • Mécanisme d'indexation annuelle : au-delà de la revalorisation initiale, les tarifs évoluent chaque année selon l'inflation constatée sur la période du 1er juillet au 30 juin précédent. Ce mécanisme est à créer (aucune clause d'indexation automatique n'existe aujourd'hui dans la convention médicale).
Revalorisation salariale par catégorie (coût annuel estimé)
Personnels FPH non médicaux +10 %
6,4 Md€/an
Tarifs libéraux +10 %
5,8 Md€/an
Revalorisation internes +30 %
~1,4 Md€/an
PH +10 %
~1,0 Md€/an
ETP santé publique (9 631 postes)
0,63 Md€/an
Sécu à 90 % (surcoût remboursement)
30 Md€/an
Cotisation salariale +1,5 % (recette)
+13,5 Md€/an

La revalorisation des personnels FPH et libéraux représente à elle seule plus de 12 Md€/an. La Sécu à 90 % est le poste dominant avec 30 Md€/an de surcoût, partiellement compensé par 13,5 Md€/an de cotisation supplémentaire. Sources : ONDAM 2025, DREES, Assurance Maladie, estimations Liberté 27.

Éducation thérapeutique du patient (ETP) : programme de santé publique

L'ETP n'est pas une formation des soignants. C'est un programme de santé publique destiné aux patients, notamment chroniques. Un patient qui comprend sa maladie se soigne mieux, consulte mieux, respecte mieux ses traitements. C'est un investissement en prévention, pas une dépense de soins.

  • Nouveau métier créé, distinct du médecin : référent ETP, dédié aux programmes d'accompagnement des patients chroniques.
  • 5 référents ETP par hôpital public (1 330 hôpitaux x 5 = 6 650 postes) + 1 par maison de santé pluriprofessionnelle (2 981 MSP x 1 = 2 981 postes) = 9 631 postes au total.
  • Mission : ateliers collectifs, rendez-vous individuels de réponse aux questions, production de programmes complets (fiches, vidéos, supports consultables en ligne).
  • Coût chargé : 65 000 €/an par poste (catégorie A, niveau coordinateur). Total : 0,63 Md€/an. Postes déployés sur 5 ans.
  • Plan uniformisé au niveau national, mis fin aux initiatives locales dispersées et inégales selon le territoire.

Prévention : éducation, pas morale

Les campagnes de santé publique cessent de culpabiliser les citoyens. L'État ne montre pas du doigt. L'approche est éducative : on explique, on illustre, on donne les outils de compréhension. Le changement de comportement durable passe par la compréhension, pas par la honte.

  • Dépistage ciblé, pas systématique : le dépistage universel n'est pas toujours la meilleure stratégie (des études sur le dépistage colorectal montrent des bénéfices nets inférieurs aux projections initiales). Les ressources sont concentrées sur le dépistage des personnes à risques identifiés. En contrepartie, les signes d'alerte des principales pathologies (cancers, maladies cardiovasculaires, diabète) sont enseignés systématiquement dès le lycée et intégrés aux programmes ETP.
  • IDE scolaires avec prérogatives relevées : les infirmiers scolaires sont les premiers acteurs de santé en milieu scolaire. Leurs prérogatives sont étendues : primo-consultation, orientation, suivi des maladies chroniques déclarées, prescription de certains actes de premier recours. Un médecin scolaire de référence par secteur assure la supervision sans être présent à temps plein dans chaque établissement.
  • Santé environnementale : développement de la recherche sur les perturbateurs endocriniens, pesticides et pollution intérieure comme facteurs de maladies chroniques. Articulation avec la section 16 (écologie) et 19 (recherche). Les résultats des études épidémiologiques sur les expositions environnementales sont rendus publics et accessibles sans intermédiaire industriel.

Médecine du travail : reconstruction d'une filière en crise

400 médecins du travail actifs en 2023 contre 7 000 dans les années 1990. La filière est en voie d'extinction. Pendant ce temps, les troubles musculo-squelettiques (TMS) représentent 88 % des maladies professionnelles reconnues.

  • Formation de 800 médecins du travail par an pendant 10 ans, via l'EDN (Épreuves Dématérialisées Nationales) et les ECOS (Épreuves Cliniques Objectives et Structurées). Objectif : remonter à 8 000 médecins du travail en exercice d'ici 2035.
  • Augmentation des capacités de formation dans les facultés de médecine (postes d'internat en médecine du travail). C'est un levier d'action immédiat, contrairement à la création d'une nouvelle filière.
  • Revalorisation du statut et de la rémunération des médecins du travail (aujourd'hui moins attractifs que les autres spécialités hospitalières ou libérales).

Autres filières : durées proposées

  • Sage-femme : 3 ans après le tronc commun de 2 ans (5 ans au total). Maintien d'une formation longue justifiée par la responsabilité médicale de la filière.
  • MKDE : 2 ans de tronc commun + 1 an de spécialisation = 3 ans.
  • Orthophonie : 2 ans de tronc commun + 2 ans de spécialisation = 4 ans (contre 5 ans de cursus dédié CFUO actuel).
  • Infirmier spécialisé (IADE, IBODE, puéricultrice) : 1 an supplémentaire après le diplôme de base.
  • IPA (Infirmier en Pratique Avancée) : maintien du cursus actuel (master 2 ans après diplôme IDE).
Orthophonie : tension et objectif de recrutement
Orthophonistes en exercice (2024)
25 161
Objectif Liberté 27 à terme
~75 000
Délai d'attente courant (2024)
1 à 2 ans

L'orthophonie est la profession paramédicale la plus en tension du système de santé. Le triplement des effectifs suppose la montée en puissance des capacités de formation (CFUO, maîtres de stage). Calendrier réaliste : 15 à 20 ans à régime plein. Sources : Drees démographie des professionnels de santé 2025.

Soins palliatifs : construction d'unités, spécialité déployée

La France dispose de 170 Unités de Soins Palliatifs (USP) pour environ 700 000 décès annuels. Plus de 50 % des personnes en fin de vie n'ont pas accès à des soins palliatifs adaptés. Ce retard est documenté depuis 20 ans et a donné lieu à des rapports sans financement suffisant.

  • Construction d'unités : toute agglomération de plus de 50 000 habitants disposant d'un hôpital d'au moins 300 lits doit comporter une USP dans les 5 ans. Objectif : passer de 170 à 400 USP d'ici 2032.
  • Spécialité "médecine palliative" : déployée et reconnue pour tous les acteurs de santé, pas uniquement les médecins. Infirmiers, aides-soignants, psychologues, assistantes sociales hospitalières : tous reçoivent une formation aux soins palliatifs. Ce n'est pas une spécialité réservée, c'est une compétence transversale obligatoire.
  • Articulation avec le suicide assisté (voir ci-dessous) : les soins palliatifs et le suicide assisté ne sont pas des alternatives opposées. Les deux doivent coexister, pour que le choix soit réel et non contraint par l'absence d'alternative.

Fin de vie : autorisation du suicide assisté

  • Droit actuel (loi Claeys-Leonetti, 2016) : sédation profonde et continue jusqu'au décès possible pour un patient en phase terminale. Un projet de loi sur "l'aide à mourir" était en cours fin 2025 ; son statut législatif exact est à vérifier avant toute communication.
  • Décision retenue : autorisation du suicide assisté lorsque l'état physique du patient ne peut être résolu par la médecine (souffrance réfractaire ou pronostic vital engagé à court ou moyen terme).
  • Procédure de confirmation : 3 confirmations du patient sur 3 jours consécutifs, puis 3 confirmations le jour même de l'acte. Avis préalable d'un collège médical constatant l'impasse thérapeutique, sur le modèle des dispositifs belge et néerlandais et de la collégialité déjà pratiquée pour les décisions de sédation profonde.
  • Impact budgétaire : marginal à l'échelle du système (les dispositifs équivalents en Belgique et aux Pays-Bas représentent environ 2 à 3 % des décès annuels).

Santé bucco-dentaire

Le 100 % Santé en dentaire (2019) a corrigé une partie du problème du reste à charge sur un panier de soins limité. Ce programme maintient le dispositif et l'étend progressivement. Les mutuelles y trouvent leur rôle naturel : couvrir les soins hors panier 100 % Santé. Ce n'est pas leur disparition, c'est leur recentrage.

  • Extension progressive du panier 100 % Santé aux prothèses et appareillages non encore couverts, sur 5 ans.
  • Dentiste scolaire obligatoire : bilan bucco-dentaire à 6, 12 et 15 ans pris en charge à 100 % par l'Assurance maladie, sans reste à charge.

Médicaments et pénuries : relocalisation européenne

4 500 signalements de ruptures d'approvisionnement en 2023, contre 868 en 2018. La dépendance vis-à-vis de l'Asie (principalement l'Inde et la Chine) pour les principes actifs de molécules essentielles est un risque de sécurité nationale.

  • Relocalisation de la production des molécules essentielles (liste ANSM) en Europe, via une coordination au niveau de l'UE et des incitations à l'investissement industriel en France. Articulation avec la section 18 (relocalisation industrielle).
  • Constitution de stocks stratégiques nationaux pour les 50 molécules les plus en tension, gérés par l'ANSM.
  • Transparence sur la chaîne d'approvisionnement : publication obligatoire par les laboratoires des pays de fabrication des principes actifs, sous peine de suspension de remboursement.

Greffes et dons d'organes

Environ 500 personnes meurent chaque année en France en attente d'une greffe. La liste d'attente compte en permanence 25 000 à 28 000 personnes pour environ 6 000 greffes réalisées par an.

  • Ouverture à l'international : harmonisation avec les réseaux européens de partage d'organes (Eurotransplant, France-Transplant). Extension des accords bilatéraux au-delà de l'Europe pour les greffons compatibles non utilisables localement.
  • Recherche : investissement dans les organoïdes (tissus cultivés en laboratoire à partir de cellules souches du patient), les biomatériaux d'échafaudage, et les prothèses mécaniques (coeur artificiel, rein artificiel portatif). Articulation avec la section 19 (recherche). Ces technologies ne remplaceront pas les greffes à court terme, mais constituent le seul horizon de résolution structurelle du problème de pénurie de donneurs.

Santé des femmes

  • Endométriose : 1 femme sur 10 concernée, délai de diagnostic moyen de 7 ans en France. Objectif : ramener ce délai à moins de 2 ans via la formation des généralistes à la reconnaissance des signes d'alerte et la création de filières spécialisées dans chaque CHU.
  • Contraception : maintien et extension du remboursement à 100 % pour toutes les méthodes contraceptives, sans limite d'âge (actuellement limitée à 26 ans pour les consultations et pilules de marque).
  • Ménopause : formation des généralistes à la prise en charge du syndrome climatérique et accès au traitement hormonal de substitution (THS) sans délai ni orientation systématique vers un spécialiste quand le cas est simple.

Aidants : reconnaissance et droits

11 millions d'aidants en France s'occupent d'un proche dépendant ou handicapé. Ils économisent au système de santé et médico-social plusieurs dizaines de milliards d'euros par an. Ils sont épuisés, pas reconnus, et sans filet de sécurité.

  • Rémunération : tout aidant qui cesse ou réduit son activité professionnelle pour s'occuper d'un proche perçoit une allocation égale à 100 % du SMIC brut, versée par la Sécurité sociale. Condition : la personne aidée ouvre droit à l'APA (Allocation Personnalisée d'Autonomie), la PCH (Prestation de Compensation du Handicap) ou une reconnaissance MDPH.
  • Droits à la retraite : les trimestres d'aidance sont validés au titre de la retraite comme des trimestres d'activité.
  • Droit au repos : relève garantie par des structures spécialisées (hébergement temporaire, accueil de jour). Le financement de la relève est pris en charge par la Sécurité sociale et les Conseils départementaux. L'aidant peut prendre jusqu'à 8 semaines de repos par an sans perte d'allocation.
  • Soutien psychologique : accès sans délai ni reste à charge à un soutien psychologique dédié pour l'aidant.
Chiffrage partiel

Le nombre d'aidants percevant effectivement cette allocation dépend du critère d'éligibilité retenu. En prenant pour base les 4,3 millions d'aidants proches de personnes en GIR 1-4 (catégories les plus dépendantes selon les données DREES 2023) et une hypothèse de 30 % cessant ou réduisant significativement leur activité : environ 1,3 million d'aidants bénéficiaires. Coût : ~1,3 M x 1 766 €/mois (SMIC brut 2025) x 12 = environ 27,5 Md€/an. Ce chiffre est une estimation haute à affiner selon les critères d'éligibilité retenus. Il n'est pas encore intégré au bilan section 30 et doit l'être.

Handicap physique

  • Prothèses et appareillages : amélioration du remboursement des solutions prothétiques, notamment les prothèses actives et myoélectriques aujourd'hui très peu remboursées malgré leur efficacité documentée. Objectif : supprimer le reste à charge sur toutes les prothèses fonctionnelles dans les 5 ans.
  • Accès aux soins spécialisés sans délai : les personnes reconnues handicapées par la MDPH accèdent aux médecins spécialisés pertinents (MPR, neurologie, chirurgie orthopédique) via une filière dédiée, sans attente du circuit commun.
  • Encadrement psychologique : soutien psychologique sans reste à charge pour la personne atteinte ET pour ses aidants (voir section aidants ci-dessus). La reconnaissance du handicap par la MDPH ouvre automatiquement le droit à ce soutien.

Bilan financier de la section santé

Poste Type Montant annuel Statut
Sécu à 90 % (surcoût remboursement) Coût -30 Md€ Estimation DREES, modèle alsacien extrapolé
Cotisation salariale +1,5 % (recette) Recette +13,5 Md€ Masse salariale ~900 Md€ x 1,5 %
Revalorisation FPH non médical +10 % Coût -6,4 Md€ DREES effectifs FPH 2024, estimé
Revalorisation libéraux +10 % Coût -5,8 Md€ Estimation ONDAM soins de ville 2025
Revalorisation internes +30 % Coût -1,4 Md€ Estimé (masse salariale internes)
Revalorisation PH +10 % Coût -1,0 Md€ Estimé
ETP santé publique (9 631 postes) Coût -0,63 Md€ 65 000 €/poste chargé, montée en 5 ans
Économies surcouches admin (6 000 postes) Économie +0,32 Md€ Base Cour des comptes, estimé
Prime installation médecins zone sous-dotée Coût -0,03 Md€ 600 installations/an x 50 k€
IPA recrutement (~3 000 ETP) Coût -0,18 Md€ Estimé ~60 k€/ETP chargé
Aidants : allocation SMIC (~1,3 M bénéficiaires, estimation haute) Coût -27,5 Md€ Estimation haute, à affiner selon critères
USP : construction 230 nouvelles unités sur 5 ans Coût non chiffré Coût de construction + personnel à estimer
Médecins du travail : 8 000 postes internat sur 10 ans Coût non chiffré Dépend de la revalorisation du statut
Bilan net (postes chiffrés, hors aidants) -14,4 Md€/an Dominant : Sécu 90 % et revalorisations
Bilan net (avec aidants, estimation haute) -41,9 Md€/an Estimation haute. À affiner avant publication section 30.
Lecture du bilan

Les deux lignes les plus coûteuses sont la Sécu à 90 % (déficit Sécu assumé de 16,5 Md€/an) et l'allocation aidants (estimation haute 27,5 Md€/an, à affiner). Ces deux postes relèvent d'un choix de société explicite, pas d'une dérive non maîtrisée. Le reste des coûts (revalorisations, ETP, IPA) s'inscrit dans la fourchette d'un plan santé classique. Ce programme refuse de financer la santé sur le dos des ménages : le coût est réel, il est dit.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la Sécu à 90 % et comment est-elle financée ?

Extension à toute la France du régime local alsacien-mosellan : l'Assurance maladie rembourse 90 % des soins au lieu de 70 %. Financement : cotisation salariale de +1,5 % sur la masse salariale nationale (+13,5 Md€/an). Le trou résiduel de 16,5 Md€/an est assumé comme déficit de la Sécurité sociale, sans report sur les mutuelles ni sur les patients. Les mutuelles voient leur rôle réduit mais pas supprimé : elles couvrent les soins hors panier de base.

Pourquoi réduire l'internat de médecine générale à 2 ans ?

Un interne perçoit environ 3 fois moins qu'un médecin titulaire pour des obligations de service comparables. Une partie des années d'internat actuelles maintient une main-d'oeuvre sous-payée plus qu'elle ne forme mieux. La maquette révisée compense par un ciblage précis des stages (2 semestres en MG, 7 stages de 3 mois dans les disciplines clés, 1 stage libre). Le risque sur la qualité de formation est réel et explicitement signalé dans ce document. Une année complémentaire volontaire ouvre un DESC spécialisé.

L'ETP, c'est quoi exactement ?

L'éducation thérapeutique du patient est un programme de santé publique, pas une formation des soignants. 9 631 référents ETP créés (5 par hôpital, 1 par MSP) animent des ateliers, des rendez-vous individuels et produisent des supports pour que les patients chroniques comprennent leur maladie et leurs traitements. Coût : 0,63 Md€/an. Déployé sur 5 ans, uniformisé au niveau national.

Comment fonctionne la procédure de suicide assisté ?

Avis préalable d'un collège médical constatant l'impasse thérapeutique (souffrance réfractaire ou pronostic vital engagé). Puis : 3 confirmations du patient sur 3 jours consécutifs, puis 3 confirmations le jour même de l'acte. Ce dispositif s'articule avec les soins palliatifs, qui doivent être disponibles et accessibles pour que le choix soit réel et non contraint.

Qu'est-ce que le programme propose pour les aidants ?

SMIC à 100 % pour tout aidant cessant ou réduisant son activité pour s'occuper d'un proche éligible APA, PCH ou MDPH. Trimestres d'aidance validés pour la retraite. Droit au repos : jusqu'à 8 semaines de relève garantie par an, prise en charge par la Sécu et les Conseils départementaux. Soutien psychologique sans reste à charge. Estimation haute du coût : 27,5 Md€/an.