Transports publics gratuits dans un rayon de 50 km autour du domicile : bus, tramway, métro, TER, RER. Gain : +600 à +1 200€/an par actif. Coût net pour l'État : 8,8 Md€/an. Centres-villes piétons pour les communes de plus de 50 000 hab. Interdiction des trottinettes électriques.
Coût actuel des transports pour un ménage : 900€/an (abonnement Navigo) à 1 800€/an (TER + régional). Les ménages sans voiture sont souvent captifs d'un réseau insuffisant. L'État subventionne déjà 20,8 Md€/an les infrastructures SNCF. Les recettes tarifaires SNCF représentent environ 5 Md€/an. En Île-de-France, les recettes usagers des transports représentent 2,5 Md€/an.
15. Gratuité des transports publics et SNCF (50km autour du domicile)
Tallinn (430 000 hab., depuis 2013) : dès la première année, fréquentation +6,5%. Sur 10 ans : +60% d'usagers. La population a augmenté de 8% (certains résidents ont choisi Tallinn plutôt que la périphérie pour le transport gratuit). Limite : une étude de l'Institut royal de technologie de Stockholm (2014) attribue seulement 1,2% de la hausse à la gratuité seule, le reste à des mesures complémentaires (couloirs bus, réduction du stationnement). Impact sur l'usage de la voiture : faible (-8% de fréquentation des transports seulement).
Dunkerque (200 000 hab., depuis 2018) : +125% de fréquentation en 5 ans. Sur 2 000 usagers enquêtés : 50% de nouveaux usagers, dont 48% avaient abandonné leur voiture pour le bus. Impact modal plus fort que Tallinn, probablement lié à la densité et au maillage du réseau.
Estonie nationale (depuis juin 2018) : première gratuité des bus à l'échelle d'un pays entier. Bilan positif sur l'accessibilité rurale, mais impact modal limité dans les grandes villes (Tallinn déjà couverte depuis 2013).
Enseignement transversal (FNAUT, étude comparative européenne) : la gratuité garantit le droit au transport pour tous mais son effet sur le report modal depuis la voiture est systématiquement plus faible qu'attendu. Elle est particulièrement efficace dans les quartiers populaires éloignés du centre et pour les faibles revenus.
Verdict : la gratuité fonctionne pour la fréquentation et l'équité sociale. Elle ne remplace pas une amélioration du réseau et n'élimine pas la voiture.
Sources : lettre du cadre territorial (2021), Fredo.fr (2025), FNAUT étude comparative 40 villes (2014), CIVITAS (Tallinn), ICI/France Bleu (2023).
Ordres de grandeur constatés (à ne pas arrondir vers le bas) :
- Réseau Île-de-France seul : coût de fonctionnement 10 Md€/an, gratuité totale estimée à environ 2,5 Md€/an de recettes usagers à compenser
- SNCF : coût déjà supporté par le contribuable 20,8 Md€/an (subventions), auquel s'ajoutent les recettes billets payées par les usagers à compenser en cas de gratuité
- Généraliser la gratuité (réseaux urbains de toute la France + SNCF dans un rayon de 50km domicile, réduit une deuxième fois depuis la v1 qui portait sur 150km puis 75km) dépasse toujours les 2,6 Md€ disponibles ici, mais moins largement. Pas de données précises trouvées sur la répartition des trajets SNCF par tranche de distance pour chiffrer l'effet exact de la réduction 75km → 50km. Estimation prudente, par extrapolation de la même logique que la réduction précédente (baisse du rayon d'environ un tiers, baisse du besoin d'un ordre de grandeur comparable) : le besoin total tombe autour de 7 à 11 Md€/an au lieu de 10 à 17 Md€/an. Cette réduction reste une approximation empilée sur une première approximation, pas un chiffrage officiel : à documenter avec les données réelles de répartition des trajets SNCF par tranche de distance dès qu'elles seront disponibles.
Ligne budgétaire de ce manifeste : 2,6 Md€/an, financement très partiel assumé.
Deux options pour combler l'écart, à trancher : - Financement complémentaire par fiscalité écologique dédiée (ex. taxe sur le transport aérien intérieur, malus véhicules lourds) - Déploiement progressif (gratuité d'abord pour les moins de 25 ans et les plus de 65 ans, puis extension) plutôt que gratuité totale immédiate
Interdiction des trottinettes électriques (décision retenue)
- Argument avancé : accidentalité trop élevée pour être maintenue en circulation
- Élément déjà survenu à noter : Paris a organisé une consultation en avril 2023 sur les trottinettes en libre-service (89% de votants pour l'interdiction, participation faible autour de 7,5% des inscrits), et a effectivement interdit leur location en flotte libre-service depuis septembre 2023. La mesure retenue va plus loin : interdiction générale, pas seulement les flottes en libre-service parisiennes, et pas seulement à Paris
- Non retrouvé ici avec certitude : les statistiques nationales précises et récentes d'accidentalité et de mortalité liées aux trottinettes électriques (données Sécurité routière/ONISR à vérifier avant chiffrage ou communication publique, la recherche n'a pas permis de sourcer un chiffre national fiable à ce stade)
- Non chiffré : impact sur la filière (fabricants, loueurs, emplois), et sur le report modal (vélo, marche, transports en commun déjà rendus gratuits section 15)
Centres-villes des communes de plus de 50 000 habitants : 100% piétons
- Principe : cœur de ville totalement piéton dans les communes de plus de 50 000 habitants (ordre de grandeur non vérifié précisément ici : la France compte environ 100 à 110 communes dans cette tranche de population, chiffre à confirmer avec l'Insee avant publication)
- Solution de stationnement à prévoir systématiquement : parkings relais en périphérie immédiate du périmètre piéton, connectés au réseau de transport public déjà rendu gratuit (section 15), sur le modèle des parcs-relais existant déjà dans plusieurs villes françaises (Strasbourg, Grenoble, Nantes)
- Non chiffré ici : coût de construction des parkings relais nécessaires ville par ville, très variable selon le foncier disponible et l'existant déjà construit dans chaque commune. À documenter commune par commune, pas un montant national unique pertinent
Emplois créés : aucun chiffrage direct pour les transports, mais le report modal génère une activité supplémentaire dans le secteur des transports publics (conducteurs, maintenance, infrastructure). Emplois indirects estimés : 15 000 à 30 000 postes sur 5 ans. Multiplicateur keynésien : le gain de 600 à 1 200€/an par actif réinjecté dans l'économie locale équivaut à 8 à 16 Md€ de pouvoir d'achat libéré annuellement pour 13 millions d'actifs en zones couvertes.
Impact budgétaire net : coût brut 8,8 Md€/an. Économies sur remboursements frais de transport employeurs (~1 Md€). Retours fiscaux sur emplois créés (~0,4 Md€). Coût net État : environ 7,4 Md€/an.
Questions fréquentes
Les transports sont-ils gratuits partout ou seulement à 50 km ?
Gratuits dans un rayon de 50 km autour du domicile, si le trajet est effectué en transport public (bus, tramway, métro, TER, RER). Au-delà de 50 km, les tarifs actuels s'appliquent. La frontière est le domicile, pas la destination : un habitant de banlieue peut utiliser gratuitement les transports jusqu'au centre-ville, même si la distance aller-retour dépasse 50 km.
Quel est l'impact de la gratuité sur la fréquentation ?
À Dunkerque : +125% de fréquentation en 5 ans, 50% de nouveaux usagers. À Tallinn (depuis 2013) : forte hausse de fréquentation, impact modal plus limité dans les grandes villes. L'enseignement commun : la gratuité garantit l'accès pour tous mais ne remplace pas l'amélioration du réseau. Les deux doivent aller ensemble.