En bref — Outre-mer
  • 2e ZEE mondiale grâce aux outre-mer : 10,2 millions de km² — atout stratégique à valoriser
  • Convergence des droits sociaux avec la métropole, lutte contre la vie chère et les monopoles locaux
  • Autonomie décisionnelle locale renforcée via les agoras et référendums locaux
  • Moins de poids au Sénat national (-6 sièges), mais plus d'autonomie locale : les deux vont ensemble

27. Outre-mer

  • Argument central : l'importance de l'outre-mer ne se lit pas dans sa population mais dans sa Zone économique exclusive (ZEE). Grâce aux outre-mer, la France dispose de la deuxième ZEE mondiale (environ 10,2 millions de km², derrière les États-Unis), très majoritairement outre-mer plutôt que métropolitaine.
  • Mesure : valorisation économique de cette ZEE (ressources marines, énergies marines renouvelables, recherche océanographique) et encouragement de l'installation en outre-mer (fiscalité, aides à l'installation), plutôt qu'un traitement de l'outre-mer comme périphérie secondaire.
  • Représentation sénatoriale — mise à jour : dans le nouveau Sénat à 205 sièges (section 3), Wallis-et-Futuna partage un sénateur commun avec la Polynésie française (et non avec Saint-Pierre-et-Miquelon, Saint-Martin et Saint-Barthélemy comme dans une version antérieure). Ce sénateur unique couvre Polynésie + Wallis-et-Futuna. Tension à assumer : cette mutualisation réduit la représentation politique de ces territoires au moment même où ce manifeste veut valoriser leur poids stratégique. Cela doit être dit clairement.

Zones maritimes protégées (ZMP)

Création de zones maritimes protégées intégrales dans les eaux territoriales et ZEE françaises des territoires ultramarins suivants :

  • Guyane : protection du plateau continental et du littoral amazonien
  • Martinique : protection des récifs coralliens et des herbiers marins
  • Polynésie française : sanctuarisation des atolls et de la biodiversité marine exceptionnelle
  • Nouvelle-Calédonie : protection du récif barrière (3e plus grand récif corallien mondial, déjà inscrit au patrimoine UNESCO)
  • Mayotte : protection du lagon et des mangroves
  • La Réunion : protection des récifs coralliens et des fonds marins
PosteCoût estiméRecettes et emplois créés
Surveillance des ZMP (patrouilleurs maritimes, satellites, gardes-côtes formés)~300 M€/an+500 emplois directs en surveillance et recherche marine
Valorisation touristique (plongée, écotourisme certifié)200 M€ investissement sur 5 ansRecettes estimées ~500 M€/an à terme ; +2 000 emplois locaux
Pêche artisanale durable (soutien aux coopératives locales)Formation + équipement : 50 M€ sur 5 ans+800 emplois, recettes export estimées +100 M€/an
Coût net annuel ZMP~350 M€/anRecettes à terme : +600 M€/an (net positif sur 10 ans)

Sources : OFB (Office français de la biodiversité), rapport ZEE 2024 ; UICN, évaluation ZMP françaises 2023 ; UNESCO, Nouvelle-Calédonie patrimoine mondial ; INSEE Outre-mer, données économiques 2024.

Préservation totale de la forêt amazonienne (Guyane)

  • Préservation totale de la forêt amazonienne guyanaise. Interdiction d'exploitation industrielle : mines, déforestation, agriculture extensive. Protection des forêts primaires.
  • La Guyane abrite environ 8 millions d'hectares de forêt amazonienne, soit 96% de son territoire. C'est la plus grande forêt tropicale de France et de l'Union européenne.
  • L'orpaillage illégal constitue la principale menace actuelle : environ 10 tonnes d'or extraites illégalement chaque année (~500 M€ de manque à gagner et de dégradation environnementale). Ce manifeste renforce massivement la lutte anti-orpaillage.
PosteCoût estiméImpact
Lutte anti-orpaillage renforcée (militaires, gendarmerie fluviale, surveillance satellite)~150 M€/anProtection ~8 M ha ; +300 emplois de surveillance et d'appui logistique local
Programme de recherche en forêt amazonienne (biodiversité, pharmacopée)~50 M€/an (inclus dans +44 Md€ recherche section 19)+200 emplois chercheurs et techniciens locaux
Valorisation des services écosystémiques (crédits carbone, eau douce)Investissement administratif ~20 M€/anRecettes potentielles crédits carbone : 300 à 800 M€/an (estimation variable selon le marché carbone)
Total~220 M€/an+500 emplois directs ; recettes carbone à développer

Sources : ONF Guyane, rapport forêt amazonienne 2024 ; WWF France, rapport orpaillage illégal 2025 ; INRAE, rapport forêts primaires tropicales 2023 ; Costanza et al., valeur écosystèmes forestiers, Global Environmental Change 2014.

Autonomie décisionnelle des DOM sous la démocratie directe (décision retenue)

  • Principe : avec le nouveau découpage territorial qui généralise la démocratie directe (agoras locales, référendums locaux, section 1), les DOM prendront naturellement des décisions différentes de celles de Paris ou de la métropole. C'est présenté ici comme un objectif positif, pas un problème à corriger : cela redonnera vie à des identités locales aujourd'hui affaiblies ou effacées par une gouvernance centralisée.
  • Cohérence à noter avec le reste du manifeste : ce principe s'ajoute à la tension déjà identifiée plus haut (réduction du nombre de sénateurs ultramarins, section 3) : moins de poids au niveau national, mais davantage d'autonomie décisionnelle au niveau local, deux mouvements qui vont dans des directions différentes et qu'il faut savoir présenter ensemble, pas l'un sans l'autre.
  • Non chiffré : mesure institutionnelle, pas de ligne budgétaire directe.

Questions fréquentes

Pourquoi l'outre-mer est-il stratégiquement si important ?

Grâce aux territoires ultramarins, la France dispose de la deuxième zone économique exclusive (ZEE) mondiale : environ 10,2 millions de km². Cette ZEE est un atout majeur pour l'accès aux ressources marines, la pêche, le câblage numérique sous-marin, et la présence géopolitique française dans tous les océans. La réduction de la représentation sénatoriale ultramarine dans ce manifeste s'accompagne d'un renforcement de l'autonomie locale."}

Comment lutter contre les monopoles qui créent la vie chère en outre-mer ?

La vie chère en outre-mer (prix alimentaires 30-40% plus chers qu'en métropole selon l'INSEE) est structurelle : quelques grands groupes contrôlent la distribution, ajoutent des marges élevées sur les produits importés. Les mesures : taxation des rentes monopolistiques, développement des productions locales et circuits courts, régulation de la grande distribution et transparence des marges. La TVA locale à taux réduit sur les produits de première nécessité est déjà partiellement appliquée dans certains DOM.